mercredi 30 octobre 2013
samedi 22 juin 2013
J'ai testé pour vous...
J'ai donc rempli le questionnaire -et je maintiens que ceux et celles concernés doivent le faire- mais "y'a comme un défaut" (vous vous rappelez le sketch de Fernand Raynaud).
Par exemple lorsqu'on me demande le dosage du traitement que ma mère a pris en 1968... ou bien quel mois de sa grossesse elle a démarré le distilbène... comment puis-je savoir 45 ans après ce qu'elle-même a oublié. Je laisse de côté le déni, la peur d'une pseudo culpabilité : bien sûr nos mères ne sont pas coupables, mais parfois, l'oubli est un système de défense.
D'ailleurs ma mère, septuagénaire, a beaucoup de mémoire (enfin pas pour les chiffres), mais d'autres mères plus âgées, comment répondront-elles ? Elles interrogeront sûrement leur gynécologue de l'époque s'il n'est pas au cimetière !
Le second point épineux de ce questionnaire est l'absence de questions concernant la prise de la pilule. Or, l'enquête porte sur un oestrogène de synthèse, le premier. L'enquête prend en compte les traitements contre l'infertilité (avec oestrogènes) ; pourquoi ne pas poser à la seconde génération aussi la question de l'utilisation de la contraception avec oestrogènes (pilules de seconde et troisième génération d'ailleurs comme pour les enfants distilbène...) ?
Sous prétexte que ces femmes sont souvent hypofécondes ? Mais avant de le savoir n'ont-elles pas pris la pilule ? Et après une première grossesse à risque élevé, n'ont-elles pas été, comme moi, incitées à éviter de tomber à nouveau enceinte ?
Enfin, ce questionnaire émane de l'association D.E.S France, et il est financé par l'ANSM (voir le site sur le lien ci-contre). Voilà ce que j'ai pu trouver. Mais qui finance l'ANSM ? En continuant ma promenade sur la toile, j'ai donc trouvé que cette agence est toute nouvellement créée (mai 2012) pour remplacer la précédente agence qui a sauté à cause de "l'affaire du médiator". Dominique Maraninchi, son nouveau directeur est cancérologue. Et le premier but de ce questionnaire (que j'espère vous remplirez malgré tous mes commentaires) est d'évaluer nos risques en matière de cancer du sein.
Pour ma part, j'ai personnellement déjà la réponse. Mais c'est justement pour vous qui n'avez pas encore ce problème, et aussi pour protéger ma fille, que j'aimerai que ce questionnaire soit diffusé.
Je conclus sur un point positif du questionnaire : régulièrement vous avez la possibilité d'écrire un commentaire. Si donc, comme moi, vous avez des réserves ou des doutes, vous pouvez les exprimer.
Enfin, une femme non concernée par le distilbène peut aussi remplir le questionnaire. Si si, alors allez le feuilleter.
Le site explique qu'il faut des milliers de réponses. On en est où à plus de la moitié de la campagne ?
Est-ce que votre gynécologue en parle à ses patientes ? J'écris aujourd'hui aux miens (les 2 derniers...).
Par exemple lorsqu'on me demande le dosage du traitement que ma mère a pris en 1968... ou bien quel mois de sa grossesse elle a démarré le distilbène... comment puis-je savoir 45 ans après ce qu'elle-même a oublié. Je laisse de côté le déni, la peur d'une pseudo culpabilité : bien sûr nos mères ne sont pas coupables, mais parfois, l'oubli est un système de défense.
D'ailleurs ma mère, septuagénaire, a beaucoup de mémoire (enfin pas pour les chiffres), mais d'autres mères plus âgées, comment répondront-elles ? Elles interrogeront sûrement leur gynécologue de l'époque s'il n'est pas au cimetière !
Le second point épineux de ce questionnaire est l'absence de questions concernant la prise de la pilule. Or, l'enquête porte sur un oestrogène de synthèse, le premier. L'enquête prend en compte les traitements contre l'infertilité (avec oestrogènes) ; pourquoi ne pas poser à la seconde génération aussi la question de l'utilisation de la contraception avec oestrogènes (pilules de seconde et troisième génération d'ailleurs comme pour les enfants distilbène...) ?
Sous prétexte que ces femmes sont souvent hypofécondes ? Mais avant de le savoir n'ont-elles pas pris la pilule ? Et après une première grossesse à risque élevé, n'ont-elles pas été, comme moi, incitées à éviter de tomber à nouveau enceinte ?
Enfin, ce questionnaire émane de l'association D.E.S France, et il est financé par l'ANSM (voir le site sur le lien ci-contre). Voilà ce que j'ai pu trouver. Mais qui finance l'ANSM ? En continuant ma promenade sur la toile, j'ai donc trouvé que cette agence est toute nouvellement créée (mai 2012) pour remplacer la précédente agence qui a sauté à cause de "l'affaire du médiator". Dominique Maraninchi, son nouveau directeur est cancérologue. Et le premier but de ce questionnaire (que j'espère vous remplirez malgré tous mes commentaires) est d'évaluer nos risques en matière de cancer du sein.
Pour ma part, j'ai personnellement déjà la réponse. Mais c'est justement pour vous qui n'avez pas encore ce problème, et aussi pour protéger ma fille, que j'aimerai que ce questionnaire soit diffusé.
Je conclus sur un point positif du questionnaire : régulièrement vous avez la possibilité d'écrire un commentaire. Si donc, comme moi, vous avez des réserves ou des doutes, vous pouvez les exprimer.
Enfin, une femme non concernée par le distilbène peut aussi remplir le questionnaire. Si si, alors allez le feuilleter.
Le site explique qu'il faut des milliers de réponses. On en est où à plus de la moitié de la campagne ?
Est-ce que votre gynécologue en parle à ses patientes ? J'écris aujourd'hui aux miens (les 2 derniers...).
jeudi 20 juin 2013
Le scandale du distilbène enfin résolu !
(Une
étude est en cours : cliquez sur le lien ci-contre)
Encore une décennie à attendre pour
qu'enfin tout rentre dans l'ordre. Les scandales sont bien
plus biodégradables que les sacs plastiques... Pas
d'inquiétude : Bientôt auront disparu les victimes du
distilbène !
Souvenez-vous. Des
mamans américaines qui avaient fait des fausses-couches, ont été
traitées pendant les grossesses suivantes avec cet oestrogène, le
distilbène ou DES pendant les années 50. Et puis l'Amérique
s'est rendu compte que la médication était inopérante. Mais le
marché du distilbène a continué sur l'Europe. Il n'y a pas de
petit profit.
Ainsi, comme beaucoup d'autres, ma
mère en a pris tout au long des mois de gestation qui menaient à ma
naissance en juin 1968. D'autres mères encore ont reçu piqûres ou
cachets jusqu'en 1976, en France.
Moi, j'ai découvert cela à 22 ans en
observant la radio de mon utérus qui ne dessine pas le V de Victoire
mais le T de Tracas. Il faut dire que cela faisait deux années que
j'essayais d'être mère à mon tour, sans succès mais sans
inquiétude car je suis d'un naturel optimiste. Et j'ai donc
considéré que j'étais chanceuse car le premier problème révélé
outre atlantique fut des cancers précoces du col de l'utérus, entre
16 et 20 ans. A cet âge-là ma bonne étoile m'a fait dépister par
hasard le virus au nom de papillon, papilloma, contre lequel on
vaccine désormais en prévention de ce cancer. Quelques mois longs
et désagréables puis tout est rentré dans l'ordre. Jusqu'aux
découvertes suivantes.
Dix ans furent nécessaires pour que
je porte dans mon ventre ma seconde fille (entre temps j'avais
adopté la première).
La procréation médicalement assistée,
ce serait trop long à vous décrire, mais disons qu'entre les
fécondations in vitro et autres procédés, j'ai eu une bonne dose
d'oestrogènes !
Ma grossesse « naturelle »
fut une merveilleuse surprise qui dura trois jours avant que je
n'arrive aux urgences. J'ai cumulé tout ce que le distilbène
propose ; berline avec toutes les options en série :
Décollement du placenta, puis effacement complet du col, puis
cerclage du col, puis utérus contractile, puis hospitalisations
successives, interdiction de poser le pied par terre « lit
strict », transfert en service de grande prématurité,
accouchement « normal » à 7 mois et une semaine, puis
complications pour elle et moi : césarienne, et une fille
merveilleusement belle qui a 12 ans maintenant.
La gynécologue qui avait effectué la
césarienne me prend entre 4 z'yeux à la clinique : « ne
retombez jamais enceinte ! Votre utérus, c'était du papier à
cigarettes... »
Grâce à mon mari, je suis 4 fois
mère, 3 par adoption. Et comme le stérilet est déconseillé aux
filles distilbènes à cause de leur col si propice à accueillir des
complications, j'ai pris 12 ans la pilule. Vous reprendrez bien un
peu d'oestrogènes ?... Non, c'est sans souci. Vous ne fumez
pas au moins...
L'année dernière à cette période,
je me préparais à fêter mes 44 ans, quand je suis allée faire une
mammographie parce que ...j'avais un pressentiment. Trop de fatigue.
Une éruption cutanée deux mois avant qui avait du mal à passer. Et
puis juste mon téton qui rentrait quand je me penchais pour me laver
les cheveux. J'ai donc téléphoné à mon gynécologue qui m'a
envoyé une ordonnance. La mammographie n'a rien donné, mais une
échographie de contrôle a suivi, et une série de biopsies. C'était
bien un cancer du sein. Petit, mais virulent, indétectable au
toucher, juste caché par le téton, côté cœur.
Un an après, mes cheveux ont repoussé
à la garçonne. Chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, ont je
l'espère fait leur travail curatif et préventif.
J'ai eu le temps de découvrir, par les
hasards d'internet, qu'en Amérique, on voyait ces fameuses
filles distilbènes déclencher des cancers du sein entre 40 et 50
ans, c'est-à-dire, 10 ans avant que la majorité des femmes
prenne vraiment conscience de cette possibilité.
Ainsi donc, combien de gynécologues
demandent à leurs patientes si elles sont dans mon cas ?
Combien les suivent avec plus de précaution, combien les mettent en
garde sur cette accumulation d'oestrogènes qu'elles ont subie in
utero, avant d'en reprendre pour dépasser leur stérilité, et
ensuite pour contrôler leur fécondité. Sans précaution
particulière, sans modérateur.
Or le jour où vous découvrez ce
cancer du sein, la première injonction est : arrêtez la
pilule !
Quand j'avais 33 ans, ma gynécologue
de l'époque (j'ai beaucoup déménagé) me disait : des
filles distilbènes ? Non c'est plus un problème, elles ont
fini de vouloir des enfants ».
Merci à la science qui me soigne, qui
m'a accompagnée pendant ma courte expérience de femme enceinte mais
s'il vous plaît, mesdames ou messieurs gynécologues , au lieu de
trop souvent nier notre existence, ce qui aura bien vite pour
conséquence de vous donner raison, repérez les patientes dans mon
cas et prévenez-les, surveillez-les, protégez-les …
Blandine
B.
PS : désormais, je dois prendre
un anti-oestrogène pour au moins 5 ans, qui permettrait d'éviter le
retour d'une tumeur du sein mais peut provoquer des cancers de
l'utérus...je vous avais dit que j'étais optimiste !
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